Name
Bouchih
Date Range
1050 – 1150
Monuments
Encampment

Seasons

  • AIAC_2327 - Bouchih - 2006
    Le site est situé dans une localité qui s’appelle « Bouchih » (en berbère : le lieu de chih). Il se trouve à peu près au centre de notre secteur de recherche. Pendant la prospection le long de la Moulouya en 2006, une couche de 40 cm, riche en céramique, a été localisée entre 7,80 et 8,20 m sur le niveau récent de Moulouya (-50 cm par rapport au sol actuel). Le matériel est constitué essentiellement d’une céramique modelée à base de pâte grossière riche en dégraissant abondant. Il ressemble à tous points de vue à la poterie préhistorique. Une terrasse artificielle résultant de l’érosion succède ensuite à ce niveau et offre ainsi la possibilité de mener la fouille de la couche supérieure. La structure reste confuse, mais la couche archéologique noire est parfaitement distinguée du sédiment jaune-gris alluvial. Elle penche progressivement vers le lit de la rivière, probablement suite à un glissement de terrain ou à l’érosion. C’est pour cette raison que les limites de la structure sont diffuses, mais le matériel archéologique est homogène et n’a vraisemblablement pas été mélangé par ce tassement et ce glissement des sédiments. Un intérêt particulier fut accordé à la recherche de traces d’un éventuel habitat. Malgré le soin apporté à la fouille, elle n’a permis de trouver ni traces de murs ni trous de poteaux, mais à la base de la couche archéologique, trois masses de sédiments compacts et rubéfiés présentant de probables négatifs de bois, ont été mis au jour. Si l’on se fie aux empreintes laissées dans les boules d’argiles, on peut supposer que le bois utilisé était des branchages de petite taille et de section ronde. Ce qui laisse supposer que ces traces se rapportaient à une structure d’habitat léger doté d’un mur en clayonnage revêtu de terre. D’ailleurs on imagine que seul un habitat léger était possible sur le site, situé au voisinage immédiat de l’oued et donc en permanence menacé par les crues de Moulouya en saison pluvieuse. Le site médiéval se rapporterait à une occupation d’un groupe tribal qui voulait bénéficier des avantages offerts par l’oued : eau, poissons, gibier et la couverture végétale. Le caractère léger de son habitat laisse supposer que cette occupation avait un caractère temporaire et saisonnier. Dans ce cas, le site médiéval de Bouchih semble perpétuer une tradition locale pratiquée sur la rive gauche du fleuve depuis la période préhistorique, en effet dans le profil de l’oued, et à des niveaux inférieurs, on trouve les vestiges de plusieurs occupations du paléolithique supérieur et du néolithique. La stratigraphie du site présente, un seul niveau d’occupation que trois analyses C14 ont daté de l’extrême fin du 11e siècle. La présence de la cuerda seca totale confirme cette orientation chronologique qui permet, par ailleurs, d’inscrire Bouchih dans un contexte archéologique rural complémentaire aux données urbaines livrées par la fouille de la ville de Nakûr et peut-être aussi de Melilla et d’al-Mazamma où une fouille de sauvetage vient d’être lancée. Il s’agit d’une période où les Almoravides ont, à peine, achevé l’unité de tout l’Occident musulman (Maghrib et al-Andalus) sous leur autorité. Au niveau régional, une des conséquences principales de cette conquête almoravide est le déclin, certainement progressif, des villes de Djerawa et aussi Nakûr qui fut supplantée par le port d’Al-Mazamma. Le site de Bouchih fut donc abandonné à la fin du 11e siècle et des couches d’alluvions ont scellé le niveau archéologique. Le site de Bouchih 2 a livré des informations importantes sur le mode de vie de ses occupants. Une étude paléobotanique réalisée par Leonor Peña-Chocarro (CSIC Madrid) a noté la présence des graines et de glumes de blé et d’orge, essentiels aussi bien pour la consommation domestique que pour le bétail. Les restes faunique montre un élevage diversifié mais avec une forte présence de petits bétails à savoir les moutons et les chèvres qui représentent 80% des restes. Avec 8% le bœuf joue aussi un rôle important. Le cheval et le chien complètent l’image du bétail. Avec 3% de poisson et 2% de gazelle la pêche et la chasse jouent un rôle subordonné mais essentiel dans les activités des habitants et leur régime alimentaire.

Media

Name
Bouchih
Year
2006
Summary
en Le site est situé dans une localité qui s’appelle « Bouchih » (en berbère : le lieu de chih). Il se trouve à peu près au centre de notre secteur de recherche. Pendant la prospection le long de la Moulouya en 2006, une couche de 40 cm, riche en céramique, a été localisée entre 7,80 et 8,20 m sur le niveau récent de Moulouya (-50 cm par rapport au sol actuel).
Le matériel est constitué essentiellement d’une céramique modelée à base de pâte grossière riche en dégraissant abondant. Il ressemble à tous points de vue à la poterie préhistorique. Une terrasse artificielle résultant de l’érosion succède ensuite à ce niveau et offre ainsi la possibilité de mener la fouille de la couche supérieure.
La structure reste confuse, mais la couche archéologique noire est parfaitement distinguée du sédiment jaune-gris alluvial. Elle penche progressivement vers le lit de la rivière, probablement suite à un glissement de terrain ou à l’érosion. C’est pour cette raison que les limites de la structure sont diffuses, mais le matériel archéologique est homogène et n’a vraisemblablement pas été mélangé par ce tassement et ce glissement des sédiments.
Un intérêt particulier fut accordé à la recherche de traces d’un éventuel habitat. Malgré le soin apporté à la fouille, elle n’a permis de trouver ni traces de murs ni trous de poteaux, mais à la base de la couche archéologique, trois masses de sédiments compacts et rubéfiés présentant de probables négatifs de bois, ont été mis au jour.
Si l’on se fie aux empreintes laissées dans les boules d’argiles, on peut supposer que le bois utilisé était des branchages de petite taille et de section ronde. Ce qui laisse supposer que ces traces se rapportaient à une structure d’habitat léger doté d’un mur en clayonnage revêtu de terre. D’ailleurs on imagine que seul un habitat léger était possible sur le site, situé au voisinage immédiat de l’oued et donc en permanence menacé par les crues de Moulouya en saison pluvieuse. Le site médiéval se rapporterait à une occupation d’un groupe tribal qui voulait bénéficier des avantages offerts par l’oued : eau, poissons, gibier et la couverture végétale. Le caractère léger de son habitat laisse supposer que cette occupation avait un caractère temporaire et saisonnier. Dans ce cas, le site médiéval de Bouchih semble perpétuer une tradition locale pratiquée sur la rive gauche du fleuve depuis la période préhistorique, en effet dans le profil de l’oued, et à des niveaux inférieurs, on trouve les vestiges de plusieurs occupations du paléolithique supérieur et du néolithique.
La stratigraphie du site présente, un seul niveau d’occupation que trois analyses C14 ont daté de l’extrême fin du 11e siècle. La présence de la cuerda seca totale confirme cette orientation chronologique qui permet, par ailleurs, d’inscrire Bouchih dans un contexte archéologique rural complémentaire aux données urbaines livrées par la fouille de la ville de Nakûr et peut-être aussi de Melilla et d’al-Mazamma où une fouille de sauvetage vient d’être lancée.
Il s’agit d’une période où les Almoravides ont, à peine, achevé l’unité de tout l’Occident musulman (Maghrib et al-Andalus) sous leur autorité. Au niveau régional, une des conséquences principales de cette conquête almoravide est le déclin, certainement progressif, des villes de Djerawa et aussi Nakûr qui fut supplantée par le port d’Al-Mazamma. Le site de Bouchih fut donc abandonné à la fin du 11e siècle et des couches d’alluvions ont scellé le niveau archéologique.
Le site de Bouchih 2 a livré des informations importantes sur le mode de vie de ses occupants. Une étude paléobotanique réalisée par Leonor Peña-Chocarro (CSIC Madrid) a noté la présence des graines et de glumes de blé et d’orge, essentiels aussi bien pour la consommation domestique que pour le bétail.
Les restes faunique montre un élevage diversifié mais avec une forte présence de petits bétails à savoir les moutons et les chèvres qui représentent 80% des restes. Avec 8% le bœuf joue aussi un rôle important. Le cheval et le chien complètent l’image du bétail. Avec 3% de poisson et 2% de gazelle la pêche et la chasse jouent un rôle subordonné mais essentiel dans les activités des habitants et leur régime alimentaire.
fr Le site est situé dans une localité qui s’appelle « Bouchih » (en berbère : le lieu de chih). Il se trouve à peu près au centre de notre secteur de recherche. Pendant la prospection le long de la Moulouya en 2006, une couche de 40 cm, riche en céramique, a été localisée entre 7,80 et 8,20 m sur le niveau récent de Moulouya (-50 cm par rapport au sol actuel).
Le matériel est constitué essentiellement d’une céramique modelée à base de pâte grossière riche en dégraissant abondant. Il ressemble à tous points de vue à la poterie préhistorique. Une terrasse artificielle résultant de l’érosion succède ensuite à ce niveau et offre ainsi la possibilité de mener la fouille de la couche supérieure.
La structure reste confuse, mais la couche archéologique noire est parfaitement distinguée du sédiment jaune-gris alluvial. Elle penche progressivement vers le lit de la rivière, probablement suite à un glissement de terrain ou à l’érosion. C’est pour cette raison que les limites de la structure sont diffuses, mais le matériel archéologique est homogène et n’a vraisemblablement pas été mélangé par ce tassement et ce glissement des sédiments.
Un intérêt particulier fut accordé à la recherche de traces d’un éventuel habitat. Malgré le soin apporté à la fouille, elle n’a permis de trouver ni traces de murs ni trous de poteaux, mais à la base de la couche archéologique, trois masses de sédiments compacts et rubéfiés présentant de probables négatifs de bois, ont été mis au jour.
Si l’on se fie aux empreintes laissées dans les boules d’argiles, on peut supposer que le bois utilisé était des branchages de petite taille et de section ronde. Ce qui laisse supposer que ces traces se rapportaient à une structure d’habitat léger doté d’un mur en clayonnage revêtu de terre. D’ailleurs on imagine que seul un habitat léger était possible sur le site, situé au voisinage immédiat de l’oued et donc en permanence menacé par les crues de Moulouya en saison pluvieuse. Le site médiéval se rapporterait à une occupation d’un groupe tribal qui voulait bénéficier des avantages offerts par l’oued : eau, poissons, gibier et la couverture végétale. Le caractère léger de son habitat laisse supposer que cette occupation avait un caractère temporaire et saisonnier. Dans ce cas, le site médiéval de Bouchih semble perpétuer une tradition locale pratiquée sur la rive gauche du fleuve depuis la période préhistorique, en effet dans le profil de l’oued, et à des niveaux inférieurs, on trouve les vestiges de plusieurs occupations du paléolithique supérieur et du néolithique.
La stratigraphie du site présente, un seul niveau d’occupation que trois analyses C14 ont daté de l’extrême fin du 11e siècle. La présence de la cuerda seca totale confirme cette orientation chronologique qui permet, par ailleurs, d’inscrire Bouchih dans un contexte archéologique rural complémentaire aux données urbaines livrées par la fouille de la ville de Nakûr et peut-être aussi de Melilla et d’al-Mazamma où une fouille de sauvetage vient d’être lancée.
Il s’agit d’une période où les Almoravides ont, à peine, achevé l’unité de tout l’Occident musulman (Maghrib et al-Andalus) sous leur autorité. Au niveau régional, une des conséquences principales de cette conquête almoravide est le déclin, certainement progressif, des villes de Djerawa et aussi Nakûr qui fut supplantée par le port d’Al-Mazamma. Le site de Bouchih fut donc abandonné à la fin du 11e siècle et des couches d’alluvions ont scellé le niveau archéologique.
Le site de Bouchih 2 a livré des informations importantes sur le mode de vie de ses occupants. Une étude paléobotanique réalisée par Leonor Peña-Chocarro (CSIC Madrid) a noté la présence des graines et de glumes de blé et d’orge, essentiels aussi bien pour la consommation domestique que pour le bétail.
Les restes faunique montre un élevage diversifié mais avec une forte présence de petits bétails à savoir les moutons et les chèvres qui représentent 80% des restes. Avec 8% le bœuf joue aussi un rôle important. Le cheval et le chien complètent l’image du bétail. Avec 3% de poisson et 2% de gazelle la pêche et la chasse jouent un rôle subordonné mais essentiel dans les activités des habitants et leur régime alimentaire.
Funding Body
Jörg Linstädter
Team
Archaeologist - Abdesalem Amrir
Bibliographic research and pottery specilist - Abdallah Fili

Media

  • Fili et al. forthcoming
    Abdallah Fili, Jörg Linstädter, Abdeslam Amarir, Abdessalam Mikdad, forthcoming, \'Bouchih, un site almoravide sur la rive ouest de Moulouya (Rif oriental)\', Bulletin d’Archéologie Marocaine.

Location

Location
Bouchih
Easting
-2.44108
Northing
35.012978